Histoire de la civilisation arabo-musulmane·Salon d'Orient

Omar Khayyam, un homme qui continue de faire rêver ceux qui l’ont lu

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Représentation d’Omar Khayyam

 

« Si assuré et ferme que tu sois, ne cause de peine à personne;

Que personne n’ait à subir le poids de ta colère.

Si le désir est en toi de la paix éternelle,

Souffre seul, sans que l’on puisse, ô victime, te traiter de bourreau. »

Cet article est dédié à tous les amoureux de la littérature iranienne, du lyrisme, de la subtilité, du raffinement et de la beauté distillée en milliers de mots formant de jolis colliers de poésie. J’ai choisi Omar Khayyam car il m’a beaucoup inspirée dans son style d’écriture, la profondeur de celle-ci et sensibilisée à son monde. Mais aussi parce qu’il a été un personnage emblématique de son époque.

Il naquit à Nichapur, de la région du Khorassan en Iran, le 18 mai 1048 et mourut le 4 décembre en 1131. Ces dates restent approximatives. On ne connaît pas vraiment sa vie sentimentale mais il était considéré comme étant le plus grand mathématicien du Moyen-âge, il était écrivain, savant, il excellait également dans la philosophie et dans l’astronomie. Il était connu comme ayant une spiritualité soufie.

Une légende raconte qu’il avait fait un pacte avec deux de ses camarades qui étudiaient avec lui ; Abdoul Kassem et Hasan ibn al Sabbah. Il leur proposa alors que le premier d’entre eux qui ferait fortune devrait en faire profiter ses deux autres amis.

Abdoul Kassem a été le premier à s’en sortir, il devint en effet sous le nom de « Nizam al Mulk »; le grand vizir du sultan Malik Shah. Omar demanda alors la protection du vizir, afin de pouvoir mener ses recherches, écrire et apprendre en paix. Tandis que Hasan demanda à être introduit à la cour. Les vœux des deux hommes furent exaucés. Mais Hasan complota alors à la cour dans l’espoir de prendre la place de son protecteur et fut sur le champ renvoyé.

Nous savons tous que les arabes ont beaucoup contribué au développement des mathématiques (chose qu’on oubli souvent de rappeler dans les écoles) parmi eux le fondateur de l’algèbre : Al Khawarizmi. Et dans le monde musulman, Omar Khayyam a beaucoup nourrit cette science.

Omar Khayyam est répertorié dans deux des livres de Roshdi Rashed[1] (né en Egypte en 1936 est un auteur et homme de science qui consacra beaucoup de son temps aux recherches sur les mathématiques et la physique du monde arabe médiéval. Il a été directeur du Centre d’Histoire des Sciences et des Philosophies Arabes et Médiévales à Paris. Il a écrit beaucoup de bouquins dédiés aux mathématiques, à leurs avancées, à ceux qui y ont contribué, et à leurs origines) comme étant avant tout un mathématicien de renom et étant l’auteur de l’œuvre algébrique du traité de la division du quart du cercle (1070). Omar était spécialisé dans la recherche des équations cubiques. Et fut un des pionniers à apporter de grandes avancées dans la recherche des mathématiques à cette époque là. Ses travaux ne seront découverts qu’au 19 ième siècle en Europe.

Il fut aussi directeur de l’observatoire d’Ispahan en 1074, il réformera, à la demande du sultan Malik Shah, le calendrier persan. Il écrivait aussi ses réflexions, sa vision du monde sous forme de dualité entre le réalisme et l’illusion, comme de beaux mirages. Il s’exprimait sous forme de « Robâiyât » ; au singulier robâi, qu’on peut traduire en français par le mot « quatrain ». Le robâi est composé de quatre vers, construits sur un rythme unique, le premier, le second et le quatrième rimant ensemble, le troisième étant un vers blanc. Son style s’inscrivait dans une sorte de mystique, de sens caché, d’interprétation libre au lecteur, quelque chose qui faisait rêver, et était très critique de manière générale.

Son grand succès en Europe, se fit grâce à la première traduction en anglais par Edward FitzGerald en 1859 et qui servit alors de base aux traductions dans d’autres langues, notamment en français. Il choisit donc une centaine de poèmes parmi le recueil au compte de Omar Khayyam composé de plus de mille poèmes et les fit traduire. Ensuite, il y a eu la publication de la traduction de Charles Grolleau en 1902 de « Les quatrains de Omar Khayyam ». Nombreux sont les traducteurs qui se sont penchés sur le sens de son écriture mystique, comme pour comprendre pourquoi le mot « vin » revient très souvent dans ses poèmes, étant interdit dans la religion de l’islam. Mais il semblerait qu’il faisait souvent allusion au double sens du vin dans le soufisme : comme une sorte d’ivresse, un état de méditation profonde, un éveil de l’âme et du cœur. Quelque chose qui emporte et fait voyager l’esprit. Cependant, ni l’anglais, ni le français n’a pu retranscrire le sens spirituel de la poésie de Omar Khayyam. Il inspira beaucoup d’écrivains, d’artistes, de compositeurs et d’auteurs. On a même baptisé un cratère lunaire en son nom en 1970 !

Nawal Cheikh-Ali

*1 « Al-Khayyam  mathématicien ».de Roshdi RASHED et Bijan VAHABZADEH, Paris, Blanchard, 1999.- « L’Œuvre algébrique d’Al-Khayyam. Etablie, traduite et analysée par Roshdi RASHED et Ahmad DJEBBAR. Université d’Alep, 198.

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